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Matha

Histoire de Matha

Matha - Ce nom trouve ses racines dans un mot pré-gaulois « MATHA », qui désignait une forêt (ou un buisson). Le terme est donc révélateur de la topographie de la région au 1er millénaire avant notre ère. En langue tudesque, MATHA veut dire « MAST » : chasse au trait. Les empereurs carolingiens venaient y chasser le sanglier.

Et pour d’autres, MATHA tire vraisemblablement l’étymologie du mot « MAT », qui en dialecte celtique a signifié élévation, motte, éminence, masse.

 

Voici un petit historique de la Commune...

Après la période Gallo-Romaine, les Wisigoths s’installent pour quelques décennies dans la région de Matha, comme en témoigne la toponymie (Gourvillette, village desGoths).

Au début du VIe siècle, les Goths sont chassés par les Francs de Clovis, qui occupent Saintes en 508, Matha devient alors un centre de diffusion du Christianisme.

En 866, un château fut édifié par Wulgrin, Comte d’Angoulême, pour arrêter les Normands.

En 1242, Isabelle Taillefer, ex-reine d’Angleterre, épouse Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et comte d’Angoulême,et l’entraîne dans une révolte contre la royauté capétienne.

Elle donne Matha à son fils de première noce Henry III, qui avait succédé au trône d’angleterre.

Henry III, débarqué à Royan le 13 mai 1242, se trouva à combattre avec l’armée de la coalition beaucoup moins nombreuse que celle du roi de France.

Louis IX, futur Saint Louis, dans sa rapide campagne, arrive à Matha en juin 1242.

Le château, forteresse importante, appartenait à Foulques II de Matha, descendant des comtes d’Angoulême et leur vassal.

Juste avant la bataille de Taillebourg de juillet 1242, les défenseurs du château se rendirent presque sans combattre pour éviter l’extermination.

Le donjon du château a été complètement détruit. Celui-ci contenait, selon l’usage, le "Trésor" de la maison, c’est-à-dire les archives, qui ont été ensevelies dans les décombres.

Où était situé le château de Matha ? Près de l’église Saint-Hérie ? Une pièce du XIe siècle ayant trait à cette dernière la situe "juxta oppidum Mastacci"

Pendant la Guerre de Cent Ans, Matha est tantôt aux mains des Français, tantôt entre celles des Anglais. Les Seigneurs de Matha restent néanmoins prospères. Ils possèdent des salines sur le littoral, mais aussi des fiefs, terres et châteaux, et ont droit de basse et haute justice sur tous les habitants de la seigneurie.

A la fin de la Guerre, la seigneurie passe dans la famille des Montberon. Elle le restera pendant presque cent ans, alliée aux plus grandes lignées nobles de la région, et familière des grands royaumes : on trouve dans les généalogies les Chabot de Jarnac, les La Rochechouart, les Chabannes, les La Rochefoucault, les Levis, les Galliot de Genouillac.

Le château de Matha a du être détruit au cours des différentes batailles car aujourd’hui il n’en reste rien.

En 1649, Louis XIV donna l’ordre de saisir les terres de Charles de Bourdeilles, Comte de Matha, un des chefs de troupe de La Fronde.

Saint-Hérie et Marestay formaient autrefois des communes indépendantes. Le 6 mai 1818, par ordonnance royale, Saint Hérie est réunie à Matha. Un hospice important se trouvait à côté de l’église à Marestay et permettait aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle de s’y arrêter.

En 1819, Saint-Hérie, Marestay et Matha vont voter pour un unique maire qui sera Monsieur Jean-Baptiste Lauvard.

La commune de Matha est créée, elle regroupe Marestay et Saint-Hérie, ainsi que les villages de Suchet, Héritolle, Archambaud, Les Hubins, Chachevrier et une partie du Goulet.

La rivière l’Antenne traverse notre commune de part en part. Celle-ci est bordée de lavoirs et de moulins, aujourd’hui propriétés de particuliers.

La viticulture a toujours été présente à Matha, malgré l’épidémie du Phylloxéra qui détruisit le vignoble à la fin du XIXème siècle, celui-ci a été totalement reconstitué.

Également au XIXe siècle, le chanvre était la 2ème culture de la région. Six chapeliers exerçaient à cette époque. L’arrivée des Vendéens a permis à l’élevage et la polyculture de se développer, d’où la création de laiteries dont une à Matha, transférée à Surgères au début des années 80.

Personnages célèbres originaires de Matha

Matha, c’est également un territoire où vécurent des personnages qui marquèrent l’histoire de la Charente Inférieure, qui grâce à eux devint la Charente-Maritime, notamment Léopold Brugerolle, négociant-distillateur de Cognac, et le Docteur Coyrard, Maire de Matha, deux fois Sénateur et Président du Conseil Général de la Charente-Maritime.

C’est aussi André Brugerolle, Député Maire de Matha, Lucien Durand, fondateur en 1921 de la Compagnie de l’Industrie et des Transports Automobiles à Matha (CITRAM) dont nous rencontrons journellement les véhicules sillonnant les départements du grand Sud-Ouest de la France.

C’est également à Matha que fut imprimé le premier numéro du journal patoisant Le Subiet en 1901, à l’imprimerie René Lucas. Aujourd’hui, une plaque commémorative se trouve au 8, rue du Dr Coyrard, où l’imprimerie est toujours en activité.